On vit une époque formidable
Salut à vous
Partis de bonne heure et de bonne humeur de Saint Lizier d’Ustou(09) sous une tempête de neige et une route immaculée par dix centimètres de neige dans laquelle on faisait la trace, on est arrivé vers midi à Toulouse.
Je dépose Philou qui appréhende de prendre le volant sur deux centimètres de neige. Arrivé à Blagnac un peu ric et rac au niveau des horaires je crains d’avoir raté le vol pour Lyon.
En rentrant dans le hall d’arrivée, le panneau annonçait beaucoup de vols déroutés, mauvaise augure pour mon départ. C’était sans compter sur le principe de sûreté, en effet devant l’offensive de la neige, il y en a au moins trois centimètres sur la piste, les autorités ont tout simplement fermé l’aéroport.
Je pensais que c’était provisoire et que les chasse-neiges annoncés sur la rocade toulousaine mais invisibles avaient été réquisitionnés pour les pistes de Blagnac.
Que nenni, point d’engins en mouvement sur les pistes. De quinze heures annoncées la fermeture est prolongée à seize heures.
Une foule compacte erre dans les halls et bizarrement tout est calme, pas un seul cri de colère ou d’énervement les passagers prennent leur mal en patience. Même un cameraman à la recherche d’un énervé n’en a pas trouvé.
Le personnel d’Air France dit aux passagers d’attendre un éventuel déblocage ou de revenir demain leur billet étant toujours valable.
Sauf que demain grève annoncée des pilotes et là je pense que notre cameraman va trouver plusieurs passagers prêt à dégueuler sur le premier gréviste venu. À n’en pas douter TF1 et compagnie vont faire leurs choux gras de l’évènement.
J’ai donc patienté et réussi à me présenter à l’embarquement à 15h45 qui n’était pas signalé sur les tableaux d’affichage des vols.
Embarquement Porte 8, ça veut dire que l’on va faire du bus, nous sommes une petite vingtaine d’irréductibles à monter dans le bus, les autres passagers ont sûrement rendu leur tablier et reporté leur voyage.
Il est donc 16 heures quand on monte enfin dans l’avion garé sur le tarmac de l’aéroport, après les annonces humoristiques de notre hôtesse accompagnatrice, nous grimpons la passerelle avec précaution. Le commandant qui a l’air d’un joyeux drille nous annonce qu'il nous attend depuis 13 heures et pour continuer dans la plaisanterie, il nous prévoit un départ dans une paire d’heures car on doit dégivrer l’avion qui est couvert de neige. La liste d’attente dégivrage est longue, nous sommes en deuxième position et le dégivrage d’un avion prend environ une heure, le départ est donc prévu vers 19 heures.
J’en profite pour faire un petit break n’ayant aucun journal à mettre sous la dent, l’engin de dégivrage arrive en temps utile et commence son opération, une fois terminée le commandant toujours plein d’humour nous annonce qu'il va lancer les moteurs.
En effet, c’est ce qui se passe, sauf qu'au moment de démarrer sur la piste, il nous annonce qu’un corps étranger se trouve sur la piste et qu'il faut attendre son enlèvement pour décoller, le gag.
Arrivée au point fixe, là encore il nous annonce trois à quatre minutes de patience pour qu’un véhicule lancé sur la piste teste celle-ci pour voir si l’on peut décoller.
Le feu vert étant donné, le commandant pousse les feux et nous annonce une arrivée à Lyon dans 45 minutes température à l’arrivée -10°C temps clair.
Ce fut chose faite, le temps de récupérer ma valoche et la voiture de location j’arrive enfin à Chambéry à 21 heures, pas mal plus de 12 heures pour faire Bourdax Chambéry, j’ai souvent fait mieux.
Du côté de Philou ça n’a pas été triste, une fois qu'il a récupéré sa voiture, il a failli se faire démolir par deux voitures en perdition sur le rond point d’Auchan, il continue vaillamment mais un carambolage en haut d’une petite côte le dissuade de continuer, la neige très peu pour lui. Il a donc garé sa voiture et est rentré à pied à la maison avec armes et bagages, après la marche forcée de Bourdax, un W.End sportif pour Philou.