Balade marocaine
Salut à vous
J’ai récupéré Nathalie et Gilou en temps et heures presque aussi ponctuels que la
SNCF. Sans tarder on a filé vers les Pyrénées direction Vielha. Petit stop chez Boïa pour faire
quelques emplettes, ensuite longue traversée de l’Espagne, le soir on comptait passer Madrid mais c’était sans compter sur les embouteillages
dominicaux, en plus c’était la fin de la semaine sainte et en Espagne ça compte. Le lendemain direction Algeciras ou plus exactement l’Hôtel Montillas à quelques encablures du port, notre point
de chute lors de nos déplacements vers Bamako avec le convoi de Malimuso. J’en profite pour être malade, style gastro qui se règlera tard dans la nuit. Le vent souffle fort et il semble qu’il y
ait une tempête assez corsée, on a quelques craintes pour notre traversée du lendemain.
Effectivement, on prend nos billets, il y a seulement deux bateaux aujourd’hui, évidement on rate le premier de peu, mais on s’est accroché dur pour avoir
le second. En attendant d’embarquer, on voit arriver une escouade de deudeuches qui se paye un franc succès. Toutes nickel-chrome avec au volant une équipe de joyeux retraités, quasiment tous des
"Bips" de Clermont Ferrand, qui descendent des ordinateurs dans une école de Rabat et ensuite
en profitent pour descendre faire un tour jusqu’à Zagora Après sept à huit heures d’attente, ça y est,
on est au Maroc, passage de la frontière à Ceuta sans gros problème et à une vitesse étonnante, moins de trois quart d’heure, un record. Les formalités faites, on part vers Tétouan et Chefchaouen
notre première étape où nous arrivons à la nuit, décalage horaire oblige, ici on marche au soleil, on pose le fourgon au camping à côté d’un fourgon de
Massatois qui tourne au Maroc depuis février. On trouve une
escouade de 4L comme les deudeuches, nickel-chrome, cette fois des normands en goguette, voisins de Nathalie et Gilou. Ça me donne l’envie de descendre en péteuse, une idée à creuser, on
verra après Compostelle, si ça se passe bien et il n’y a pas de raison, je vais réfléchir à ça, le Sud Maroc en péteuse ça doit pas être mal. Pour l’instant on va se faire une petite visite de
Chefchaouen avant de filer vers Fès par Ketama, une route que je n’ai jamais faite et qui a l’air sympa. Départ de bonne heure vers Ketama. La route pourtant axe important vers Oujda est un peu
délabrée par endroit mais elle passe dans les montagnes du Rif bordant la Méditérranée.
Elle grimpe par endroit jusqu’à 1700 mètres avec des points de vues époustouflants, traverse des forêts de sapins et de cèdres magnifiques. Petite halte !
Thé à la menthe à Ketama petite bourgade au carrefour de la route vers Oujda et la route dite de «l’amitié» qui nous mène vers Fès. Toujours en altitude, le paysage change, l’ambiance aussi, en
fait ! De route de l’amitié c’est plutôt la route du Kif qu’ils auraient dû la nommer. Des propositions de partout, des plus petits au plus vieux, à pied, en voiture, en taxi, les propositions
fusent de partout, on aurait pu remplir le camion jusqu’au toit. Côté paysage, on a abandonné les forêts, pour des paysages de culture, on se croirait en Ariège au siècle dernier, les Marocains
ont cultivé à la main jusqu’au sommet dans des champs aux pentes impressionnantes. Pas fainéants, il est vrai que le kif doit être une culture rentable pour la région. On arrive à Fès sur la
soirée, et on file planter notre camp au camping du diamant vert à une dizaine de kilomètres de la ville, on a un peu tourné en rond, la ville à beaucoup changé et là où il y avait un mauvais
chemin de traverse, c’est maintenant une quatre voies qui mène à l’autoroute de Rabat qui l’a remplacé. A peine débarqué on est assailli par un guide touris
tique
qui nous vend sa visite sécurisée de la Médina avec un débit impressionnant. Je l’envoie bouler gentiment en lui disant qu’on réfléchirait au problème, malin il me demande mon numéro de portable,
évidement ... je lui réponds que je n’en ai pas, l’affaire est réglée. On est à Fès, visite obligée de la Médina et de ses souks, grande ballade dans le grand Tadla qui se réveille doucement. Au
retour il sera beaucoup plus animé. L’heure du casse-croûte étant arrivé, on cherche un café qui fume, on le trouve à la sortie du souk, pour la fumée on sera pas déçu, pour le kebab il était
excellent accompagné d’un thé à la menthe évidemment. On reprend la route vers Sefrou à quelques kilomètres de Fès pour visiter cette petite ville sympa. Le camping est tout en haut d’une
colline, on domine toute la ville, peu de touristes juste un camping-car qui vient pour la première fois au Maroc, et qui cherche des renseignements sur l’état des routes dans le sud. Après
l’avoir rassuré, il repart vers la ville à pied pour une petite ballade que nous allons faire aussi. Seize heures, tous les muezzins de la ville se réveillent presque en même temps, Nathalie qui
n’avait jamais entendu ça est toute étonnée et trouve ça génial, je lui explique qu’à cinq heures du matin c’est la même chose, son enthousiasme tombe d’un cran.
La suite bientôt!!!!