Aïe!! Aïe!! Aïe les abeilles
Salut à vous,
Rentré direct de Dakar ma première visite a été pour mes butineuses qui venaient d'essuyer une tempête de neige conséquente puisque 60 centimètres de poudreuse recouvrait Bourdax et les
alentours.
Dès le lendemain au premier rayon de soleil c'est avec plaisir que j'ai vu quelques butineuses en pleine forme s'envoler à la recherche d'une maigre pitance. Elles devraient passer l'hiver!
Pourtant, les butineuses de Bourdax sont en quelque sorte des privilégiées, aux
vues de ce que l'on découvre en feuilletant les revues spécialisée dans l'apiculture.
Le frangin abonné à la revue d'apiculture de l'UNAF (Abeilles et Fleurs), parcours régulièrement avec attention les articles qui y sont publiés.
On peut y lire ce mois-ci:
Les gouttes de rosée du maïs sont empoisonnées par les insecticides systémiques. Jusqu'à présent, on connaissait la dispersion, lors des semis, des néonicotinoïdes présents dans l'enrobage des
semences et la pollution qu'ils entraînent pour le nectar et le pollen du fait de leur action systémique.
La récolte d'eau est une activité importante des abeilles. L'eau leur permet de maintenir dans les alvéoles une température et un humidité parfaitement régulées. Vous pourrez les observer butiner
ces gouttes de rosée qui perlent sur les plantes.Un agronome de l'université de Padoue en Italie, vient de découvrir le "dégouttement", un phénomène d'exposition jusqu'alors méconnu, qui vient en
complément aux premières voies d'exposition des abeilles aux néonicotinoïdes utilisés dans le traitement des semences. Les gouttes d'eau exsudées par le maïs (mais aussi par la plupart des
plantes) sont recueillies non seulement par les abeilles mais aussi par de nombreux insectes, oiseaux et petits mammifères. Le Professeur Girolami a démontré que le "dégouttement" obtenu à
partir de semences de maïs traitées, une fois bu ou recueilli par les abeilles, les tuait dans les deux à dix minutes, entre vingt et quarante minutes si elles n'avaient fait qu'y étendre leur
langue un instant. Après analyse de ces gouttes d'eau produites par les plantules de maïs dégouttantes, la présence d'une dizaine de milligrammes par litre ... de néonicotoïdes a été décelée.
La persistance dans le sol de cette molécule permet la diffusion dans la nature du "dégouttement" par de nombreuses plantes et par les cultures successives.
La modification des semoirs ou l'amélioration des techniques d'enrobage des semences ne résoudra donc pas la mise à la disposition des abeilles de "gouttes de sève empoisonnées.
Le compte-rendu du Professeur Girolami
Une
vidéo montrant que la succion par les abeilles du
dégouttement de plantes traitées les empoisonnent rapidement, alors que celle qui a été abreuvée du dégouttement de plantes saines continue à se mouvoir.
Le communiqué original : http://www.mieliditalia.it/n_rugiada.htm