Naufrage sur l'Irrawady : enfin presque !!!!
Salut à vous
La balade était trop belle pour que je ne vous la raconte pas. La veille après une balade très intéressante autour de Mandalay, qui sera l’occasion d’un autre article, nous avions emprunté un taxi pour la journée, en rentrant il a fallu négocier avec ce même taxi notre transport jusqu’à l’embarcadère pour Bagan. Après une âpre négociation, on tombe d’accord sur le prix et surtout sur l’heure- heure du mat pétante.
A notre fort étonnement notre driver était là en temps et en heure, le seul problème c’est qu'il ne savait pas où était l’embarcadère, qu'à cela ne tienne son patron s’installe dans la malle sur nos bagages et nous voilà partis, au son de la voix du patron qui guidait son chauffeur.
Une fois arrivés, achat des tickets fait, il n’y a plus qu’à attendre notre bateau, un car de touriste arrive et se précipite vers le bateau à quai (ce n’était pas le notre). Il a fallu que les autorités portuaires ferment les grilles sinon on aurait dû en repêcher quelques-uns. A grand coup de sirène, le navire quitte le quai direction nord, nous on part vers le sud. Dix minutes plus tard, le bon bateau est à quai, ouverture des portes : on se serait cru à Carouf à l’ouverture avec la différence qu’il faut traverser un bout de planche pour rentrer sur le bateau et il aura fallu toute l’autorité de l’équipage pour canaliser tout se beau monde.
Notre siège est sur le pont supérieur à l’air libre, parfait pour voir le paysage. Le bateau quitte le port quasiment à l’heure dans la brume matinale. La navigation n’est pas simple car les eaux sont basses et le capitaine fait slalomer son bateau à travers les bancs de sable. Après une heure de navigation environ on passe au large de Sagaing, le village où l’on a escaladé la colline pour aller voir une pagode intéressante mais surtout le paysage qui est magnifique. Vu d’en haut, c’est fantastique mais alors vu du fleuve, avec une brume matinale et le soleil, c’est sublime.
Après ce passage le paysage devient plus monotone, le lit du fleuve est tellement large et les eaux si basses que quelques fois on n’aperçoit pas les villages. Par contre la vie sur le bord de l’eau est intense : beaucoup de cabanes de pêcheurs qu'ils déplacent avec le niveau des eaux, sur le fleuve de nombreuses barges chargées zigzaguent comme nous entre les bancs de sable.
Plusieurs fois, on a failli se planter dans un de ses bancs. Chaque fois le pilote à réussi à s’en sortir ... de justesse. Avec Jacky nous nous sommes postés à l’avant du navire où l’on peut voir comment la navigation se fait.
Si le bateau semble bien équipé un énorme radar posé sur le haut d’un mât, il ne possède pas de sondeur et c’est à l’ancienne que cela se passe. Deux membres de l’équipage se posent un à bâbord, l’autre à tribord armés d’une sonde en bambou qu'ils plongent régulièrement dans l’eau et annoncent la profondeur. L’inconvénient c’est qu'ils sondent sur les côtés mais pas vers l’avant du navire et, ce qui devait arriver arriva ! le bateau fait un bon et un craquement sinistre réveille tous ceux qui somnolaient, on vient de monter sur un rocher. Les sondeurs se lèvent comme des fous et engueulent le pilote à croire qu'il ne les a pas écouté. Ils soulèvent quelques plaques du pont et force est de constater que l’on a une voie d’eau : la cale avant est en train de se remplir le bateau pique du nez. Branle-bas de combat, un équipier descend en exploration la pompe de cale donne tout ce qu’elle peut avant de rendre l’âme, le capitaine quitte son fringant uniforme et plonge dans la cale pour inspecter.
Il décide de garer le bateau dans une anse à l’abri du courant et entreprend de colmater la brèche avec ce qu’il peut. Deux heures d’arrêt avant de s’avouer à moitié vaincu. Il fait du stop à un pêcheur et envoie deux équipiers chercher une motopompe, la pompe de cale étant définitivement HS.
On repart donc avec la motopompe du pêcheur qui dépote à plein tube l’eau qui entre malgré la réparation de fortune. Le capitaine en grand navigateur paraît confiant et tout le monde repart dans sa somnolence car le voyage commence a être long et à notre avis le coucher de soleil sur Bagan, c’est râpé pour aujourd’hui. En effet, c’est vers 21 heures, à la lueur des projecteurs que l’on arrivera à Bagan.
Les taxis sont sur les dents, on à plus de quatre heures de retard, il y a les taxis des groupes qui eux n’en ont rien à faire et les autres qui ont sûrement manqué quelques affaires. La négociation s’annonce hard. Colette qui est un peu énervée par la longueur du voyage est intraitable. Comme ça discute en british, Jacky et moi on la laisse faire : le prix sera divisé par deux malgré les larmes de crocodile du taximan. On débarque à la guest house que l’on avait choisi, il n’y a qu’une chambre de libre, qu’à cela ne tienne, il y en a une autre juste à côté et là miracle il y a de la place pour un prix démocratique, banco on prend et en plus un restaurant touche à la guest house : que demande le peuple ? manger et dodo, on verra demain pour la suite.